l'on est si sérieux quand on est militant qu'on ne

Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /2010 08:00
Je suis en campagne. Je tapote sur mon clavier avec dans le viseur les piles de tracts entassé dans un coin de mon studio. A vue d'oeil par paquet de 250 tracts il doit y en avoir pour près de 2000 tracts. On voit le visage de notre tête de liste Jean-yves Le Drian. La liste rassemble le Parti Socialiste, le Parti Socialiste, les écolos de Bretagne écologie. Tout ceci qu'il faudra avoir finit de ditribuer sur les marchés, à la sortie des entreprises et dans les boîtes aux lettres avant Jeudi qui vient.
Tout compris je dois en être à ma  10 ou 12 ème campagne électorale depuis celle de 1997.  J'ai un peu appris,sur le tas. Par exemple que vous avez beau connaître par coeur le programme il se trouvera toujours un quidam, qui lui ne le connaît pas du tout, pour vous interroger sur tout autre chose.
J'ai donc aussi pas mal fait les boîtes aux lettres.  C'est comme cela qu'on finit par découvrir son territoire. En prêtant attention à des détails. C'est comme cela que j'ai finit par me rendre compte que nos boîtes au lettres nous trahissent plus ou moins. Par exemple l'âge. Les couples, avec enfants, de moins de 35 ans ont cette manie de mettre à chaque fois nom de famille et prénoms en les faisant suivre de ceux de leurs enfants, Killian ou florentine, même si Florentine n'a que 3ans et demi et Killian 4 ans trois quarts au cas ou le facteur hésiterait à mettre le  Perlin auquel est abonné Florentine dans la boîte aux lettres, au cas ou Capucine qui va déjà sur ses 4 ans et quart et voudrait venir voir son amoureux Killian se perdrait.Il y aussi les voisines qui jouent.
Celle qui vous explique que ce n'est pas la peine de mettre de trats dans la boîte aux lettres de Madame Gonzalès "Parce qu'elle est morte et qu'on ne sait quand elle reviendra "
Au détour d'une rue on découvre aussi cette image qui me paraît résumer le débat sur l'identité nationale




Dans le souci de laisser la place à l'opposition je vous offre quelques instants de Madame Malgorn la candidate de l'UMP.

http://www.youtube.com/watch?v=GtRcuOHjU-0&feature=player_embedded


Mais comme il n'y a pas de raison je vous offre aussi pour le même prix deux clips de campagne du Parti Socialiste.
http://www.youtube.com/watch?v=vE7AN9Tu40c

http://www.youtube.com/watch?v=7dTLRRLQsMw
Par ostinato - Publié dans : l'on est si sérieux quand on est militant qu'on ne
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Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /2009 19:39

                                                      C'était un jour comme tant d'autres. J'étais ce que l'on appelle un travailleur précaire de  24 ans en 2000  . Par conséquent je consacrais mes journées à  faire la tournée des grands ducs du chômeur. Démarcher chaque agence d'intérim, demander si elles ont quelque chose pour moi, genre du travail et puis le salaire qui va bien avec ensuite se retirer  tel un prince en lancant " Bon, si j'ai quelque chose, je vous rappelle".  Ne pas oublier de respirer toutes les 5 tentatives.Ma chasse au trésor n'avait encore rien donné ce  jour là . Il me restait 30 minutes pour rentrer chez moi à pinces parce que pas de sous pour le bus, le temps de faire une nouvelle fois l'inventaire de ce qui me restait en caisse, c'est  à dire ce qui dormais au fond de ma poche plus le découvert autorisé par un banquier" trop sympa." Je ne pourrais pas encore m'acheter du Saint Simon cette année.

     A  ce moment là le téléphone sonna. Je composais ma voix la plus Room Service que j'avais en stock et décrochais en me demandant quel boulot j'allais encore dégoter cette fois ci, inventoriste, agent de suveillance, agent de production ......? 
"Bonjour ici le secrétariat de la Préfecture de Région vous êtes bien Mr ( le communication se  brouilla un instant et je ne puis vous retranscrire ce nom que je me contentais de reconnaitre)  je vous passe le Directeur de Cabinet ...."
" Bonjour. Mr Duvaldesprey, Directeur de Cabinet du Préfêt je vous appelle de la voiture... "

"............"

" Oui c'est votre responsable fédéral qui m'a donne votre numéro. Il m'a dit que vous vous chargiez du colloque .  Je souhaitais savoir combien de places d'invités vous souhaiteriez avoir pour le Discours du Premier Ministre Mr Jospin."

Je dois un mot d'explication au  lecteur. J'étais alors, en plus de chômeur,  militant dans un grand et beau mouvement de Jeunesse Socialiste qui aspirait à la transformation sociale.  Le Directeur me disait "chargé du colloque" avec dans la voix la gravité  qu'on accorde à qui possède bureau et fenêtres. Je n'osais pas lui dire que je m'étais souvent aussi chargé de la colle pour les affichages sauvages et que pour ce qui était du local il n'avait jamais vu la lumière. Mais bon .

D'ailleurs  je dois avouer que je  me suis  coulé dans un rôle. Je me retrouvais presque à tu et à toi avec   Mr Duvaldesprey, à discuter le bout de gras. Lionel Jospin venait chez nous s'exprimer  à propos              
                               

                                                        "Construction Européenne, Bilan et Perspective"

dans le cadre de la Présidence Française pour 6 mois de Janvier à Juin 2000 qui allait produire le si fameux Traité De Nice

Il avait besoin de public captifvé. Le jeune militant ferait l'affaire. C'est bibi qui devait lui remplir la salle, enfin participer.

On s'est quitté après avoir conversé amicalement au point qu'il m'ait glissé  " il faudra comme même qu'on fasse en sorte de se voir autrement qu'au téléphone ".
J'étai bien d'accord. Le Dircab ( oui je l'appelais par son petit nom) et moi on était so pote. J'avais juste oublié de lui proposer une carte du Parti mais il ne faut jamais conclure la première fois .

En tout cas j'étais  http://www.youtube.com/watch?v=hQauP3VizI0

C'est à cette instant là que  ma paire de Converse se vautra dans la flaque d'eau. Une flaque où on aurait pu planquer le Clémenceau et où mes pompes venaient de rendre l'âme. Il me restais encore à rentrer chez moi .


C'est à cette instant là je crois que je sus définitivement que c'était trop de la balle le militantisme.
 Parce que je ne connais rien d'autre qui permette en un instant de cotoyer sommets et flaques d'eau
Par ostinato - Publié dans : l'on est si sérieux quand on est militant qu'on ne - Communauté : ecrivains en herbe
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Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /2009 18:43
   Nous sommes  en 2001  dans une vile dont le nom m'échappe .A Gauche  nous avons un champion candidat à son 5 ème mandat. En face  avec forces roulement de tambour débarque un jeune, carrure de rugbymen et haleine sentant si bon le menthol et l'esprit d'entreprendre.. C'est  ma première campagne municipale militante. Forcément on  prends note, on savoure quelques faits de ci de là.
Un camarade me glissant alors que le candidat adverse pose sur le marché pour les photographes
" Je préfère son profil d'extrême droite'

Il y aussi cet épisode qui me rappelle à chaque fois à un peu d'humilité.  Un samedi parmi d'autres dans la campagne . C'est le jour du plus gros marché de la ville. C'est là ou les militants échangent tracts et leurs arguments.J'avais tout bien révisé le programme. Vive la mixité sociale par la maitrise du foncier, non à l'étalement urbain,  vive la démocratie par les conseils de quartier et la parole à la vie associative.... Tout un programme. C'est pour vous dire que lorsque qu'un électeur s'est approché de moi pour me demander un renseignement je l'attendais de pied ferme.

Oui alors votre programme ... Comment vous dire ... ?
 me demanda le curieux

"Vous voyez il y en a comme même pour 6 pages et nous on a pas pas besoin de mettre des photos en quadrichromie pour remplir les vides ."


Oui je vois çà c'est bien mais comme même. poursuivit le quidam

Et en ouverture vous avez le bilan des 6 ans écoulées pour montrer que la gauche ce sont des choix et des actes 


Oui mais non je ne parlais pas de çà ...
continua l'importun

Mais si vous voulez faire des suggestions sur des thématiques à apporter  il n'y pas de souci vous avez un bulletin à la fin avec l'adresse du bureau de campagne finit je par lâcher devant cet intrus qui ne voulait pas confier ce qui causait son tourment.

" Non mais je voulais savoir. Vous comptez faire quoi cette fois ci,  parce que moi avec ma vessie, avec les  pissotières ?" acheva l'énergumène

Je le confesse à ma grande honte. Je n'avais pas révisé les pissotières.



Nous sommes un  samedi plus loin celui précédant l'élection .

Je n'ai pas super bien dormi cette nuit là. J'arrive sur le marché la tête dans le sac de fraises, commence à distribuer mes tracts. Il faut bien écouler le stock. Pour s'occuper la solution c'est de tourner autour des stands, commencer par le fleuriste, passer devant les maraichers, arrêt devant le distributeur de café, le boucher,  hésiter devant une crêpe saucisse peut  être ? humer lers effluves de l'échoppe du fromager et je  tends mon tract à des fonctionnaires de police.
 Bôh . Je me dis qu'ils savent lire. En effet.

Vous savez qu'il est interdit de distribuer des tracts le samedi précédant l'élection ? me demanda l'officier de police

Koiçà ?

Non en vrai je ne l'ai pas articulé comme cela mais c'est le bruit que cette question fit sur mes cellules grises tout d'un coup mis en mouvement.

Ceci formulé ils fondirent comme la vérole sur le bas clergé bigouden, sur le stand du Parti. Ce fut un branle bas de combat. Ils commencaient à explorer toute la propagande sur la table. Sur les stands avoisinants on hésitait encore. Le vendeur de Ouest France s'était attablé à son présentoir pour observer la perquisition.Le militants trotristes se regroupaient pour contempler  notre chute sans le moindre esprit de solidarité ( eux qui m'avaient appris à chanter Police partout, justice nulle part")
Du coté de la droite ils n'en croyaient pas leur yeux. Le combat changeait de ton, la victoire prenait l'âne.
Nous on en était à sortir les portables.

J'eus Constance au téléphone.
Allo ? T'es qui pour me réveiller à cette heure ci putain je suis même pas remis de la nuit qui vient"
Euh comment te dire ? Je crois qu'on a un souci .
Ben j'espère que c'est du lourd mon pote.....


C'est alors qu'apparut l'Elu. Mr  Fanoir, Adjoint au Maire,

Constance ?  je te rappelle
.
Grand imper, démarche nonchalante, comme en tournée. Il salua Mme Derrieu et pris des nouvelles de ses parents, reluqua la fille du fleuriste, esquiva le chien errant et en oublia de donner menue monnaie à son maitre. Ce n'est qu'arrivé devant le QG ambulant de campagne qu'il parut s'apercevoir de la présence des forces de l'ordre. Il ouvrit son imper dans un geste hustérien ou à la Rick hunter, je les confonds toutes les deux, plongea  sa large paluche dans sa poche intérieure, retira son portefeuille et en sortis sa carte

Mr Fanoir Adjoint au Maire articula t'il avec soin

Oui nous vous connaissons Mr l'Adjoint  au maire répondit le planton qui sentait la situation lui échapper


Vous connaissez aussi l'article XXXX du code électoral qui stipule que les distributions de tracts sont tolérées la veille des scrutins à condition qu'il ne s'agisse  pas de nouveaux tracts pour permettre l'égalité de traitement ?

 .......

Le matricule 1977 consulta ses autorités par radio sous nos yeux, alors que la  mine narquoise venait de changer de camp.

Le futur préposé à la circulation nous quitta sur cette formule qui doit servir de mantra à bien des représentants de la Loi.

Ce n'est pas nous qui nous trompons.
Ce sont les consignes.

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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /2009 21:30
  •        Ce que je voudrais vous narrer, ce sur quoi je bute, , c'est ce qu'il
    y a d'enfantin dans le militantisme."
    J'ai lu il y a quelques années  " Les Mots". Sartre y raconte ce que
    son goût pour la littérature a de racines enfantines. Ce que je
    voudrais faire, toute proportion gardé, je ne refuserais jamais le Prix Nobel qui m'échoiera à son heure, c'est mon équivalent pour la politique .
      De mon enfance, j'ai des souvenirs lointain d'agapes familiales. Tous mes oncles, mon père rassemblé à la même table.
     Je n'ai pas le souvenir des mots, ni même du sujet précis. Je sais
    juste  les gestes, les mines.  Les adultes parlent de politique, et je
     suis tout absorbé par la cène.


                  Pour mieux expliciter les choses prenons un détour. J'ai souvent écouté des amis de mon âge évoquer leur goût pour le
    football et ses racines. Ils décrivaient souvent, toujours le souvenir
    qu'ils avaient de leur père suspendu au déroulement d'un match,
    que ce qui s'y  passait, chaque action, bonne mauvaise de l'équipe
    qui portait les espérances paternelles avait des conséquences sur
     lui.

               Entendre parler politique m'a fait réaliser que des mots, des actes pouvaient avoir des conséquences sur  mon père, sur des
    adultes en général, que ces conséquences pouvaient être graves. 
    La politique, le goût que j'ai eu pour la politique, c'est la découverte
     de la gravité des conséquences que les mots, les actes peuvent
    avoir.

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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /2009 12:02
Pour conclure ce trop long, trop narcissique récit je pourrais vous retracer à grands traits cette invitation par france 3 à la Soirée des résultats des législatives. Le Collectif  du mouvement fut mobilisé tout le dimanche après midi pour la préparation de Constance. Il fallait parer à toutes les questions, la moindre éventualité, porter toutes nos revendications dans l'arène sur la politique autrement, revalorisation du Parlement, fin du cumul des mandats,, suppression du poste de Président, réduction du temps de travail, réforme fiscale, débat sur la dépénalisation de l'usage des drogues, fin du nucléaire...   
                Arrivé sur le plateau on fit vite comprendre à Constance qu'il ne s'agissait pour cette charmante enfant de seulement 25 ans que de poser des questions à deux élus, dignes dignitaires des deux camps et pour nous de sourire dans le décor. Rien n'était prévu pour formuler quelques suggestions. Les réponses n'étaient pas de notre côté. Je crois même me souvenir que l'un des deux dignitaires parla du problème de la jeunesse qui le préoccupait profondément. Antoine me glissa  " Celui de la prostate m'occupe tout autant". Mais j'avais trop d'expérience de figurant pour pouffer à l'antenne.
        Une citoyenne lambda, gracieuse jeune fille d'une vingtaine d'années invitée en qualité d'étudiante à Sciences Po se glissa dans ses attributions de panel représentatif avec naturel. Constance regimbait, débordait de son temps de parole, glissait
" je ne crois pas ", " je pense que"  et se voyais rappeler à l'ordre médiatique. " Je vous demanderais de résumer votre question". Je voyais ses bottines marquer son agacement. 7 années de militantisme pour se retrouver à passer les plats et servir de faire valoir. A la pause elle se leva et nous fit signe. Nous levions le camp.  J'eus seulement le temps d'apercevoir l'étudiante ( Peyton ou Marika )  qui prenait le temps de se faire photographier souriante par un technicien sur le plateau aux côtés des deux élus avant sans doute de demander des autographes.

     J'imagine que maintenant  encore lors de ses repas entre amis où l'on en arrive, parce que la saison de football est achevé et que rien de neuf n'est sorti dans les salles, à parler politique elle déclare en remettant ses lunettes de soleil dans  ses cheveux.
" Oh moi, tu sais, la politique..." avant de narrer son aventure et qu'elle garde cette photo archivée sur son compte Facebook.

         Nous sommes tous encore rassemblé au Elsa  Popping à converser de choses et d'autres pour ne pas nous quitter. Tout d'un coup Camillia se tourne vers moi et murmure
 

" Tu ne dit rien et paraît songeur. Il y a un truc qui t'inquiête ?"

" Je suis chômeur et célibataire dans un monde de droite à 26 ans. Je te le demande, que peut il bien encore m'arriver ?"

http://www.youtube.com/watch?v=1VFQ1o_6SjU&feature=related

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